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20 sept. 2017

Du rôle des combustibles bois dans la qualité de l'air...et de l'humidité du bois dans le rendement de l'appareil


Le SER a récemment publié un communiqué de presse donnant des pistes pour réduire les émissions de particules fines (PM2.5) qui nuisent à la qualité de l'air et contribuent parfois aux pics de pollutions.

Ces propositions d'améliorations sont les suivantes et je cite :

"- Poursuivre le renouvellement des appareils, grâce au Crédit d’Impôt Transition Energétique ou un soutien équivalent.
Selon les derniers chiffres de l’ADEME, le parc français d'appareils de chauffage domestique au bois se caractérise par 50 % d'équipements non performants (15 % de foyers ouverts et 36 % de foyers fermés antérieurs à 2002) qui émettent 80 % des particules fines issues du chauffage au bois. 

Développer les Fonds Air. Afin d’accélérer le renouvellement du parc et de diffuser largement les bonnes pratiques, l’ADEME a lancé un appel à manifestation d’intérêt à destination des collectivités pour les accompagner dans le montage de Fonds Air. Ces fonds visent à aider financièrement les particuliers disposant d’un appareil non performant (foyer fermé antérieur à 2002 ou foyer ouvert) pour qu’ils le renouvellent par un appareil labellisé Flamme Verte ou de performance équivalente. 

Réduire le taux de TVA à 5,5 % sur le combustible bois pour favoriser le bois de chauffage de qualité tels que les certifications et marques comme NF Biocombustibles solides, DINplus & ENplus et France bois Bûche. Il faut rappeler une fois encore que les essences et la qualité du bois sont déterminantes pour le fonctionnement optimal des équipements modernes : éviter l’utilisation de résineux et brûler du bois dont le taux d’humidité est inférieur à 20% permet d’obtenir le meilleur rendement et de préserver la qualité de l’air. Les bûches doivent être fendues pour être empilées plus facilement et rester sèches."  




Il est intéressant de noter que la qualité des combustibles est mise en avant.

Ces conclusions étaient basées sur une étude du CERIC (disponible ici) , laboratoire spécialisé dans le chauffage au bois (dont il convient de dire qu'il est lié au Groupe Poujoulat)

Notons d'ailleurs que le CERIC concluait aussi qu'il fallait " inciter les consommateurs à utiliser des combustibles de qualité " et proposait notamment
- une communication grand public,
- une réglementation dans les zones PPA,
- ou une incitation fiscale ce qui pourrait aussi avoir des effets très positifs dans la lutte contre le travail au noir qui ronge la filière bois énergie (et l'empêche de monter en qualité, bouffée qu'elle est par la recherche du prix bas).


Regardons de plus prés cette étude en nous focalisant sur certains constats :

- Constat 1: L’humidité n’est pas le seul paramètre caractérisant le combustible de qualité
Constat 2 : un combustible de qualité augmente le rendement de l’appareil et réduit les émissions de particules fines

De ces mesures on comprend que le rendement et la "propreté" de l'appareil augmentent drastiquement avec un bois de qualité (constat 2). L'etude conclue aussi que l'humidité n'est pas l'unique critère de qualité d'un combustible bois
Il est dommage d'en rester là : S'il faut un bois sec + fendu + écorcé, quel est l'impact de ces 3 critères pris un à un ?
L'étude ne le dit pas.


Constat 4 : La qualité des bois de chauffage commercialisés est très variable


Le taux d'humidité est effectivement très variable.
J'ai été assez surpris par le taux d'humidité de l'échantillon de grande surface, je ne sais pas si c'est une généralité mais ce cas est tout de même inquiétant.
La photo du combustible sec B est aussi étonnante, je vois rarement sur le marché du bois en rondins (sans aucune bûche fendue).




Constat 5 : Les différences de qualité des combustibles ont des impacts significatifs sur
les performances et la consommation des appareils.


Cette étude a le mérite de mettre en valeur l'impact d'un combustible de qualité, et pour le moins sec : Acheter un bois pas cher n'est simplement pas toujours rentable.
(Et là il faut  faire attention aux échelles utlisées dans l'image ci-dessous).

Si les échantillons analysées sont représentatifs,  on en conclue par exemple qu'un particulier achetant 7 steres de bois sec à 65€ du stere pourra payer jusqu'a 76€ pour un bois sec fendu et écorcé mais devra payer moins de 50€ pour un bois de mauvaise qualité. Bref on en a pour son argent.



Mais au délà de ces considérations strictement financières (centrées en fait sur le prix de revient du KH/W), il faut aussi garder en tête que la qualité du bois que l'on consomme aura un impact sur les émissions de particules fines et la qualité de l'air.

On comprend dès lors qu'il est important que les pouvoirs publics trouvent des moyens si possible incitatifs, pour pousser les particuliers à consommer des produits de qualité. 

Les professionnels de la filière bois énergie et les particuliers ont tous à y gagner !
Mais n'attendons pas les pouvoirs publics pour améliorer notre consommation de bois énergie...Chacun de nous peut à sa façon tenter d'améliorer la situation.


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